B rocomagus faisait partie des places fortes du Rhin supérieur, étroitement liées, pour défendre le passage des Vosges et l'accès à la plaine en Alsace du Nord : Tres Tabernae (Saverne), Brocomagus, Argentorate (Strasbourg). Ainsi, lorsque, en 356, après les grandes invasions franques et alamanes de 352 et de 355, le César Julien, le futur empereur romain, Julien l'Apostat (361-363), après être parti de Reims, franchit les Vosges et s'avance vers la plaine rhénane, alors entièrement aux mains de l'ennemi, son premier souci est de s'assurer un point d'appui et un poste d'observation. C'est Brocomagus, qu'il choisit, et c'est devant cette place forte qu'il défait les Germains. A celle époque, Brumath apparaît donc encore comme une des clefs de la plaine rhénane...
Brocomagus/Brumath
Brumath il y a longtemps déjà… I l y a environ six mille ans, débuta pour Brumath une passionnante aventure. De nombreux vestiges, découverts dans le sous-sol brumathois, parmi lesquels figurent des restes de pilotis et de remarquables céramiques ornées de décors rubanés, permettent de dire que, dès le Néolithique (vers 3 500 ans avant notre ère), le site présentait une amorce d'habitat permanent de part et d'autre de la Zorn, et servait de zone de passage. Cependant, c'est vers 600 av. J.-C. qu'une tribu celte, issue du groupement de peuplement de la région de Haguenau, fonda la bourgade et le marché de Bruocomag (Brumath). Vers 60 av.J.C., les Triboques, une autre tribu celte établie sur la rive droite du Rhin, furent embrigadés dons la coalition des Suèves conduite par Arioviste, le chef germain. Celui-ci traversa le Rhin et envahit la plaine d’Alsace. Les Triboques en profitèrent .pour s'emparer de Bruocomag. Après la défaite d'Arioviste, battu par Jules César, les Germains retraversèrent le Rhin (dans l’autre sens)...
Borne Milliaire
Denier de Jules Cesar
T outefois, les Triboques, bien qu'ayant fait partie de la coalition germanique, furent autorisés par les Romains à s'établir définitivement sur la rive gauche du Rhin. La Basse-Alsace devint la Civitas Tribocorum, la Cité (chef-Iieu et territoire) des Triboques, dont la capitale fut alors Brocomagus. Ce fut entre 14 et 16 av. J.-C. que les Romains s'installèrent en Alsace. Pendant quatre siècles, celle-ci connaîtra une alternance de troubles et de répits plus ou moins longs. Profitant de la présence romaine, Brocomagus put se développer. Les multiples vestiges mis au jour témoignent de l'importance prise par le chef-lieu de la Cité.
L'Empereur Julien l'Apostat
M ais quand, au début du 5ème siècle, le système défensif romain s'effondra en Alsace, les Alamans déferlèrent définitivement sur la Gaule du Nord-Est; l'Alsace romaine avait vécu, et Brocomagus fut réduit en cendres. Après une éclipse de quatre siècles, Brumath réapparaît dans les textes, en 770, comme étant une étape, un lieu de séjour pour les souverains francs qui se déplaçaient beaucoup. Brumath était propriété royale depuis 751. C'est ainsi que Charlemagne séjourna à Brumath, le 2 juillet 772. Brumath s'appelait alors Brocmogad. En 889 le roi Arnoul fait don de ses biens de Brumath, palais et église, à l'abbaye de Lorsch. En 1146 un contrat de l'abbaye de Neubourg parle de paroissiens de Brumath et depuis le 12ème siècle, Brumath est propriété des Landgraves de Basse Alsace, les Comtes de Werd. En 1229 l'abbaye de Lorsch ainsi que toutes ses propriétés, y compris les biens de Brumath, reviennent à l'Évêché de Mayence.
Blason des Seigneurs de Lichtenberg
En 1471 le dernier descendant mâle des Lichtenberg meurt. Ses deux filles Anne et Elisabeth avaient épousé, la première Philippe I de Hanau et la deuxième, Simon Wecker de Bitche-Deux-Ponts. Le mariage d’Anne de Lichtenberg avec Philippe I de Hanau occasionne le début de la puisante dynastie des Hanau-Lichtenberg dont le siège est à Babenhausen. Mais dans le partage, Brumath échut aux Bitche-Deux-Ponts. Cent ans plus tard, cette lignée s'éteint à son tour. Leur fille unique se mariera avec Philippe V de Hanau Lichtenberg, et Brumath sera désormais la propriété des Hanau-Lichtenberg qui y introduisent la Réforme. C’était en 1570...
Jean René III de Hanau-Lichtenberg 1665 – 1736
E n 1332 les seigneurs de Lichtenberg deviennent propriétaires de la sujétion et en 1336 ils adressent à l'empereur Louis de Bavière une pétition qui leur donnerait le droit de faire de Brumath une ville fortifiée, La réponse favorable de l'empereur permet d'édifier, dans la nouvelle ville reconnue, un château fort imposant. Jusqu’à présent il ne nous pas encore était possible de définir l’emplacement exacte de ce château... Des revers de fortune avaient obligé les Lichtenberg à céder ou engager leurs biens de Brumath. Ces transactions devaient entraîner la ville dans le conflit Linange-Lichtenberg. En 1388 tout était réduit en poussière. Malgré l'ampleur du désastre la ville et le château se reconstruisent. Au 15ème siècle les Lichtenberg, sous l'impulsion des deux derniers rejetons de la dynastie, Louis V et Jacques le Barbu, à la tête de forces importantes et soutenues par les intrigues du Roi de France Louis XI, maîtrisent les Linange et récupèrent leur pleine domination sur Brumath.
S ous la Révolution, les biens des Hanau-Lichtenberg, qui, par héritage avaient passé aux Hesse-Darmstadt, sont confisqués puis vendus. En 1802 la paroisse protestante en rachète une partie et le corps principal de l'ancien palais est transformé en temple. Après la tourmente révolutionnaire, le destin de Brumath se confond avec celui que connaît l'ensemble des petites villes françaises frontalières. Le 9 juin 1871, le Second Empire s'effondre et l'Alsace devient allemande. A partir du 1er janvier 1872, Nicolas Diemer, le maire de l'époque, devra rédiger tous les documents officiels en langue allemande. A la fin du 19ème siècle, Brumath se dote d'un maire, A. Bostetter, qui laissera des traces indélébiles dans la cité. Citons pour mémoire l'installation de l'éclairage électrique public en 1897 et le réseau d'eau potable en 1913. C'est lui qui accueille les troupes françaises en 1918. A sa mort le 22 avril 1922, G. Richert, une figure non moins célèbre, lui succède.
E n 1592 après la « guerre des Evêques », le duc de. Lorraine s'empare de Brumath pour se venger du «protesatant» le comte de Hanau-Lichtenberg. La guerre de religion était déclenchée et la ville sera complètement ruinée pendant la « guerre de trente ans ». Le traité de Westphalie, qui plaçait le comté de Hanau-Lichtenberg sous le protectorat de la France, permettait à Brumath de se relever lentement. Au début du 18ème siècle, Jean René III de Hanau-Lichtenberg débarrasse Brumath de toutes traces d'architecture militaire. A l'emplacement de l'ancien château, il engage des travaux pour la construction d'un palais résidentiel destiné à sa fille unique qui venait d'épouser un Louis VIII de Hesse-Darmstadt. Cette dernière décède à l'âge de 26 ans et le château tombe en désuétude. Il connaît quelques années de gloire à partir de 1770 où il venait d'être loué à Marie-Christine de Saxe. A la mort de Jean-René III, Brumath devient propriété de son gendre Louis VIII de Hesse Darmstadt qui transmet le bien au fils aîné du couple Hanau-Lichtenberg / Hesse Darmstadt : Louis IX.
L a période d'entre les deux guerres mondiales sera marquée par quelques événements importants dont, entre autres, l'installation du poste émetteur de Radio PTT Strasbourg. Les signes précurseurs de la future deuxième guerre mondiale se font sentir dès le 1er septembre 1939. Les premiers mobilisés brumathois quittent leur foyer, des troupes, parmi elles, Jean-Paul Sartre, s'installent dans les écoles et dans les grandes salles des Hôtels-Restaurants. Le 20 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans Brumath qui vient d'enterrer sa première victime d'une guerre qui va durer plus de cinq ans. Le 23 novembre 1944, aux environs de 8 heures, le char «Evreux» du Maréchal-de-Logis Gelis, du groupement Rouvillois de la 2ème D.B. du Général Leclerc, amorce la libération. Un mois plus tard Brumath tremble. Le déclenchement dans les Ardennes de la dernière grande offensive de l'Allemagne hitlérienne amène la 553ème «Volksgrenadierdivision» et un groupement de l'armée de l'Oberrhein jusqu'à Kilstett et Gambsheim. Brumath avait évité le pire.
L e 15 mars 1945 débute la grande offensive du 2ème Corps d'Armée française du Général Goislard de Monsabert. Cette opération, assurée avec succès et vaillance, qui a ouvert la voie à la 1ère Armée française pour aller porter le drapeau bleu blanc rouge au-delà du Rhin jusqu'au Neckar et Danube, avait été préparée à Brumath... Depuis, heureusement, plus aucun fait de guerre n’avait placé le nom de Brumath dans les tablettes de l'histoire. Qu'il en soit ainsi pour toujours et que dans l'avenir notre bonne et vieille ville connaisse le calme et prospère dans la paix, riche de presque six millénaires d'histoire. Charles Muller
Entrée des Troupes Françaises le 22 novembre 1918 Défilé du 172ème R.I.
Le nouveau poste-émetteur Strasbourg-Brumath
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